écriture ferroviaire… ensemble de textes poétiques réalisés pour le projet « train de culture »
une interrogation sur le voyage à la rencontre d’une culture inscrite dans les strates du temps
et dont le chant du train révèle les stigmates cachés  dans  la mémoire du bassin houiller alésien
 

 

 

   triptyque    voyage n°6  / suite et contrepoint à 3 voix                                                                      alain joule/résidence féroviaire

 

par la fenêtre déroulée

 

 
 
 
1 et s’en vont     dans les courbes     d’air   les frissons  
2 les nuages      éclaboussure        
3     du vent     que   révèle



 
 
 
 
1 un no man’s land    converse     caressant       la mémoire
2 de râle    avec      la béance   à l’orée
3       la mort     qui bat  
 
 
 
 
 
1 la blessure   vire  laitance   où la langue   
2  palpite     au blanc soubresauts
3 le rose  du partage  se perd  en hoquets


 
 
 
 
1 s’installe la chair  regorge crève le temps
2 dans la place  les yeux
3 écartelés sous l’extase  implant de dérisoire


1 une faille     un    pli
2 une plaie  qui autre là bas embrasse 
3 un passage appelle les étoiles


1       un écart  une coulure sculpte  
2 et les contours  de souffle plus loin  
3 s’en vont dans les hanses des éclats     


1 l’espace    une empreinte    un tambour    
2 marquent         des pas    
3 creux  de corps  tam tam   qui se dissipent  



1 sur les marges    surgit    un cri
2  survient     un chant harmonique
3 un frottement   ultime   épais aux labours  


1   le ciel froid disparaît    à l’envers    
2 stigmate    du voyage  
3 d’air  chevauche   dans la bouche    


1 il coule par le regard exsangue   qui  retourne
2 de la cendre     s’en va  se cacher
3 de la vie   doucement la poussière en chemin


1 les ocres  poudre     sans fin   au cœur
2 vers le sable puis le flot   étiré     de la nuit
3     claire  sur des plages   lumières


1 mort     et l’odeur du matin  
2   un taureau souvenirs  quand l’amour
3 un oiseau dans l’arène  en friche te berçait …

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

par la fenêtre déroulée 

 

 

 

 lecture en suite 
 
 …et s’en vont dans les courbes d’air les frissons 
   un no man’s land converse caressant la mémoire
   la blessure vire
   laitance  où la langue s’installe
   la chair regorge  crève le temps  
   une faille   un pli   un écart   une coulure 
   sculptent  l’espace  
   une empreint
   un tambour
   sur les marges surgit un cri 
   le ciel froid disparaît à l’envers
   il coule par le regard exsangue qui retourne les ocres 
   poudre sans fin au cœur mort 
   et l’odeur du matin…

   les nuages      
   éclaboussure de râle avec la béance à l’orée
   palpitent  au blanc 
   soubresauts  dans la place
   les yeux   
   une plaie qui  autre là bas embrasse
   …et les contours de souffle plus loin marquent des pas
   survient un chant harmonique 
   stigmate du voyage
   de la cendre s’en va se cacher vers le sable
   puis le flot étiré de la nuit 
   un taureau souvenirs 
   quand l’amour…
   du vent que révèle la mort qui bat
   le rose du partage se perd en hoquets
   écartelé  sous l’extase 
   implant de dérisoire 
   un passage appelle les étoiles
   ..s’en vont dans les hanses des éclats creux de corps  
   tamtams  qui se dissipent
   un frottement ultime épais aux labours d’air chevauche dans la bouche
   de la vie 
   doucement 
   la poussière en chemin claire sur des plages lumières 
   …un oiseau dans l’arène en friches
   te berçait
 
 
 
 
   lecture contrapuntique 
 
 …et s’en vont les nuages dans les courbes du vent 
   éclaboussure d’air que les frissons révèlent
   un no man’s land de râles converse avec la mort              
   caressant la béance qui bat à l’orée la mémoire

   la blessure palpite le rose vire au blanc 
   laitance du partage où la langue se perd

   soubresauts en hoquets s’installent dans la place

   la chair écartelée regorge sous l’extase 
   les yeux crèvent le temps implant de dérisoire            
   une faille un passage une plaie qui appelle
   un autre pli là bas embrasse les étoiles

 …et s’en vont les contours dans les hanses  de souffle 
   un éclat un écart 
   plus loin une coulure marquent l’espace creux 
   une empreinte de corps
   un tambour tamtam
… des pas qui se dissipent

   un frottement survient sur les marges ultimes
   surgit un chant épais aux labours harmoniques
   un cri stigmate d’air chevauche le ciel froid
   disparaît dans la bouche à l’envers du voyage
   il coule de la cendre par le regard exsangue 
   de la vie qui s’en va doucement se cacher
   la poussière en chemin retourne vers le sable

 …les ocres    puis le flot
 …poudre claire étirée sur des plages sans fin 
   lumière de la nuit 
   au cœur un oiseau mort 
   un taureau dans l’arène   
   souvenirs en friches 
 …et l’odeur du matin quand l’amour te berçait